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Alternatives Solidaires
dim. 05 sept., 2010 12:50
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Compte rendu de la conférence de S. Latouche

Compte rendu de la conférence de Serge Latouche
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LA DECROISSANCE SOUTENABLE, UNE ALTERNATIVE A LA FOLIE CONSUMERISTE

Les grandes lignes de la conférence de Serge LATOUCHE, invité par Alternatives Solidaires, le 4 Mars à Coutances, devant plus de 150 personnes

Nous vivons dans une situation schizophrène…L’ humanité entre dans une nouvelle ère d’ extinction des espèces, organisée cette fois par l’ homme lui-même, alors qu’ il pourrait bien en être l’ une des victimes…( menaces sur la fécondité , stérilité due aux pesticides …)
Les agressions contre l’environnement se font chaque jour plus visibles . Récemment converti à la cause de l’écologie radicale, Chirac déclarait à Johannesburg : « la maison brûle, et nous regardons ailleurs ». L’augmentation de la croissance est toujours une bonne nouvelle ! aucune manif de grande ampleur ne proteste contre le changement climatique ! Les partis, même les Verts, ne dénoncent pas la « religion » de la croissance ! Nous sommes enfermés dans la logique de la croissance pour la croissance : faire croître la production, puis la consommation, dans la logique infernale du toujours plus.
Et pourtant si notre mode de vie était généralisé au monde entier, il nous faudrait presque trois planètes pour maintenir notre niveau actuel de consommation !
Chaque habitant de la planète dispose d’1,4 hectare ( empreinte écologique ) ; nous en consommons 1,8 par habitant et ce, de façon très inégale : 4,5 pour un Français ; 9,6 pour un Etatsunien, 7 pour un Canadien et 0,1 pour un Africain. Grâce aux Africains et autres pauvres de la planète, nous pouvons encore pour un certain temps vivre au dessus de nos moyens…
Les responsables, décideurs sont parfaitement au courant, mais ils se veulent rassurants : dans l’avenir, la science se chargera de trouver des solutions aux problèmes liés à la production de biens et l’élimination des déchets… Ainsi des pro-nucléaires font fi des questions auxquelles on ne sait toujours pas répondre pour développer le nucléaire tous azimuts, à la manière d’ un architecte qui construirait des immeubles sans escaliers ni ascenseurs au prétexte qu’ on saura bien un jour triompher de la pesanteur !
Il serait donc urgent de ne rien faire, de continuer la fuite en avant, même si cette société de croissance, en plus de ses effets dévastateurs sur notre environnement, crée toujours plus d’inégalités et d’injustices ( 15% de la population dispose de 85% des ressources ) qui nous reviennent sous forme de terrorisme. Cette croissance n’est pas créatrice de bien-être authentique : si la mécanisation a créé au départ de vraies satisfactions, ce n’est plus le cas aujourd’hui ; le bien être stagne, la société de croissance crée plus d’insatisfaction qu’elle ne génère de véritable bien être.
De nouveaux indices sont nécessaires pour mesurer « l’état de santé sociale » , pour pouvoir prendre en compte les problèmes sociaux et environnementaux qui résultent de la croissance du PIB (c’est à dire de l’ensemble des richesses produites). Transporter des salades, ou d’autres produits, sur des milliers de km est comptabilisé comme de la richesse produite alors que cela entraîne pollution, encombrement, risques, travail inutile… pour quel vrai bénéfice dans la vie sociale ?

Diminuer le PIB peut contribuer au développement du bien-être vécu ; de nombreuses mesures peuvent être envisagées :
Ø Appliquer rigoureusement le principe pollueur/payeur : les dommages portés à l’environnement doivent être supportés par ceux qui les provoquent ( externalités négatives de la croissance, comme la gestion des déchets, le transport – un yoghourt incorpore 8000 km –).
Ø Réévaluer : voir les choses autrement : bouleverser notre imaginaire « squatté » par l’économie, l’égoïsme, le culte du travail, de la compétition ; redécouvrir d’autres dimensions, valeurs de la vie, à côté de la consommation à tout prix.
Ø Re-localiser : produire le plus possible localement pour éviter au maximum les nuisances liées au déplacement des produits ( si on faisait payer au transporteur routier, maritime les effets négatifs liés au transport de marchandises ! )
Ø Réduire notre surconsommation ( dans les années soixante, « l’empreinte écologique » ne dépassait pas une planète.)
Ø Redistribuer les richesses entre le Nord et le Sud.
Ø Réutiliser, recycler pour diminuer le gaspillage.
Ø Pénaliser les dépenses de pub (2ème budget après l’ armement, pour une véritable entreprise de colonisation de nos imaginaires)

Une bonne cure de désintoxication collective est indispensable…
L’ essor d’ une véritable aspiration à une autre forme de société, boosté par les inévitables catastrophes qui résulteront des dérèglements que la course à la croissance inflige aux équilibres naturels et aux conditions de vie du plus grand nombre, nous amèneront à reconsidérer notre mode de vie suicidaire.


Dominique et Philippe, avec l’ aide de Janine


Collaborateur(s) de cette page: geff .
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